dimanche 7 février 2010

Jocker

Mon cœur hurle, je suis heureuse.

vendredi 23 octobre 2009

cacacacacacaca

Tu te mets le doigts bien profond là où je pense, après tu le sens. Ensuite je vois. Parle moi, regarde moi, écoutes moi. Ça s'arrête là ? Ok, t'façon je sais bien que j'ai pas ce que tu cherches. Mais toi aussi, cherches pas une toute mignonne, toute gentille, qui pleure tout le temps, toute frêle, qui fait des petits bisous au creux du cou, qui a des taches de rousseurs. Ho la pute. Et moi, dans la salle d'attente, je lis ELLE, (dla merde) en attendant mon tour. Normal, je dois dire. Puis toi là aussi, arrête de me regarder avec ses yeux, donne moi une bonne raison, une fois pour toute, de désamourer. Ouais ouais ouais, je sais. La revanche d'une conne. Elle s'appelle comment ? Ma, Ja, Ca, j'ai pas tout compris. Répète ? Putain, mon fauteuil est vert moche, la mousse dépasse par un trou rectangulaire à gauche de ma cuisse droite ou bien à droite de ma cuisse gauche ou bien entre les deux. Et puis, les cadres sont moches, les gens aussi, même le bébé me fait peur avec ses yeux globuleux. Alors j'attends, je me chante une petite chanson. Moche. Heureusement qu'il a ce carrelage fou. Je suis les lignes, qui coupent, s'entrecoupent. Il est jaune pale ce carrelage. Parfait pour avoir un vision floue, rêver. Reprendre accroche sur une des lignes, tourner à gauche à gauche à droite tout droit en arrière à gauche avant droite droite droite un carreau complet compter les carreaux remarquer une tache de café sous la table basse le chien respire fort il pue la mamie se racle la gorge irritée par mon chewing gum. En face de moi, une gamine frêle blonde cheveux lisses, fade dirais-je. Tu ouvres la porte, "au suivant". Elle se lève. HO LA CONNE. Je me barre je vais changer de plan m'acheter du pan un bouquin repeindre ma chambre en blanc mettre des rideaux rouges écouter du jazz dessiner. Je vais éclore. Sans toi, ou plutôt, merci pour le fauteuil à trou le carrelage la gamine le cosmo la tache de café. J'ai bien changé.

dimanche 6 septembre 2009

La clé, tu ne la trouveras jamais.

Hier mon père m'a dit que j'étais belle. Dans son regard, du vide. Ses yeux verts sont inconnus pour moi, son visage familier. Il est bien trop loin. Et je me sens trahie. Je ne suis pas. Je ne comprends pas. Il aurait dû. Et rancunière, je ne lui pardonne pas toutes ces années d'absence, il ne me connait pas, ne m'a pas connue et ne me connaitra sans doute jamais. Je me suis fermée, je ne veux même plus de sa pitié. Petite, il m'emmenait faire du poney, il fumait ses cigarettes à côté de moi, mon frère m'a un jour poussé dans une flaque de pisse, j'ai pleuré. Ils ont ris. Je suis tombée d'un arbre sur le dos, souffle coupé, je le regarde, il est flou et moi loin. Je ne lui pardonne pas. Mes larmes sèchent vite mais mon cœur ne guérit pas. Un enfant sans amour, c'est comme un ancêtre oublié. On ne se rappelle de rien, on n'en a pas envie. Les secrets de famille sont pour moi comme un coffre scellé. Je n'ai même pas envie d'enlever la poussière. De l'ouvrir. Je veux le détruire. N'en faire que cendres et sujet tabou. Je ne suis pas là pour me mettre à sa place, vivre sa vie, suivre son chemin, je veux l'effacer et me reconstruire. Devenir forte. Oublier, massacrer, terroriser. Haine et douleur, maitres tout puissants. Je ne veux pas être un jouet, je ne veux pas qu'on s'amuse de mes confidences. Je ne veux pas me confier à lui, et qu'il appelle son ex-femme pour tout lui balancer à la gueule. Tu ne sais rien d'elle, moi si : la preuve. Ingrat. Je ne veux pas que l'on toque à ma porte, pour me demander ensuite ce qui m'a poussé à lui dire que je ne trouvais pas ma place, pourquoi je me sentais transparente, pourquoi je n'étais pas heureuse, pourquoi, tout simplement, je n'en avais jamais parlé. Je ne suis pas une victime, n'ai-je pas le droit à ma part de souffrance, comme la plupart des êtres vivant sur cette terre ? Pourquoi ne s'ait-il pas demandé un jour, ai-je une fille ? Il n'en a pas. Il croit que si, mais non. Ce n'est que grâce à ses instincts primitifs que je suis là, mais je ne suis pas son enfant, je suis sa descendance. Je ne veux plus de ça dans mon esprit, je ne veux plus de mal causé par un lâche, un vagabond. Un crétin de géniteur. Je pleurerai le jour où tu mourras. Mais j'ai peur que ce soit de soulagement. J'ai hérité du sang nomade de sa famille, du sang venant tout droit des pleines algériennes et de la chaleur du grand désert. J'assume, lui non. Je ne fuis pas, lui si. Je change de destination, lui échappe à la sienne. Petite fille au cheveux bruns, longs et bouclés tombants au bas du dos, je courrais lui sauter dans les bras. Un manège, je me souviens du manège. Je montais toujours sur les grands chevaux blancs au yeux sombres, je riais. Maintenant, ils me font peur. Ils sont aveugles, ses chevaux.

Pleine lune et lougarous

Les arbres dessinent des ombres chinoises, ce soir je me perds un peu. Le menton appuyé sur la rambarde, je regarde le ciel violacé, les lumières de la ville éclairent mon visage fatigué, un hérisson trottine en bas, il a l'air apeuré. Sous moi, les cendres tombent et ma gorge se rétracte. Ai-je mal, je ne sais pas. Je ne ressens rien, à part la brise qui caresse mes lèvres sèches. Je suis lasse. Mes yeux se ferment lentement, et l'odeur de la nuit m'embrasse, je n'ai pas envie de me regarder en face, pas par honte, pas dépit. Just breath. Facile à dire. Un nouveau jour se lèvera demain, la couleur de son visage me revient, inlassablement. Pourquoi n'ai-je pas envie de donner de l'amour ? Parce qu'on m'en a volé beaucoup trop. Le magasin est fermé, j'ai pris congé.

lundi 31 août 2009

Je vois flou.

Mais à mes yeux il n'y a pas de lunettes .

Rampe entre incertitudes et malaises.

mardi 25 août 2009

J'ai l'oeil sur toi

Aujourd'hui, je ne me voyais plus. Invisible. A mon égard, à celui des autres. Je me suis laissée un peu vivre, comme si tout m'échappait, me filait entre les doigts. Et puis, la nonchalance étant apparemment un de mes principales modes de vie, j'admets avoir une légère ressemblance avec le concombre de mer. Mollusque suis-je et resterai. Quoi qu'il en soit, je suis très à cheval sur les critiques, bonnes et mauvaises, en essayant chaque fois de progresser un peu plus. Comme dans un David Lynch, je me perds entre fantasme et réalité, j'ai donc décidé de couper entre les deux. Et de choisir. Bien sur, le fantasme l'emporterait si je n'avais pas une confrontation régulière à ce que l'on peut appeler la vie réelle. Avec tout ces gens, ces chiens, ces fin de déjeuner sur le trottoir, ces canettes de Coca vides qui roulent entre une poubelle et une bouche d'égout, ces arbres que tout le monde oubli, ce bruit de tramway qui s'éloigne, cette odeur de cigarette qui m'enveloppe, ce cri de femme qui voit sa fille traverser la route sans regarder et qui lui tire la main comme pour lui déboiter l'épaule, ces personnes assises sur une couette en laine ou un bout de carton qui attendent que les passants leurs offrent un regard, un sourire, une aide.
Ce serait tellement plus facile de déménager dans sa tête, de vider les vieilles affaires qui prennent la poussière, de prendre un peu de repos près d'un neurone endormi, de choisir un coin bien sympa, sans trop de voisins bruyants, avec arrosage automatique et piscine limpide. Simplement regarder un ciel tout le temps bleu. A la place de tout ce capharnaüm omniprésent qui empêche de s'allonger dans son lit sans ressasser ses erreurs. Donc oui, je suis nonchalante, je traine des pieds en regardant le ciel, je me prends parfois un ou deux poteaux dans la tronche, mais c'est avec un sourire que je regarde les gens que j'aime, qui s'affole autour de moi comme si le temps était compté, comme si il ne fallait pas perdre une minute de bonheur et, putain mais ils ont raison. Parfois, il faut prendre son temps, il faut faire une pose, se connaitre, et repartir à toute allure. Je n'ai jamais vraiment aimé courir, me battre, montrer à tout le monde que oui, je peux aller vite et puis, au final, décevoir. Décevoir ceux qui attendent que tu cours à leurs côtés et qui te voient baissé les bras, ceux qui veulent que tu les attendes et qui te voient accélérer. J'ai mon rythme. Et je sais que je déçois. Alors je me demande, est-ce qu'il faut passer sa vie à sprinter et finalement s'arrêter d'un coup sans plus en pouvoir, le cœur en alerte puis s'écrouler, ou juste, trottiner tranquillement en respectant ce qu'il y a autour et prendre son temps. Pas de réponses pas d'arguments. Je suis toujours entre les deux, entre raison et démence entre rêve et cauchemar. Je suis tout simplement moi, je reste la même en camouflant aux autres ce qui les dérangent, en finissant par avancer, tout doucement.
La tortue n'avait pas gagné la course contre le lapin, une fois ?